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Récital en sonnet – La confiance – épisode 5

Cette idée que l’on puisse se fier à quelqu’un en politique est intéressante. Je suis élue
depuis 6 ans maintenant et, déjà, je peux dire avoir été trahie par plusieurs personnes.

Les citer n’aurait aucun intérêt et là n’est pas la question. « En politique, il n’y a pas d’amis », cette phrase est presque devenue un dicton. Je me souviens, lorsque j’étais étudiante en droit à Alençon, d’une visite au président du Conseil départemental de l’époque, Gérard Burel.
L’association du cercle des juristes alençonnais permettait aux étudiants de rencontrer des professionnels. Cela devait permettre de susciter des vocations ou d’éviter des erreurs d’orientation. Les études en droit peuvent être longues et s’apercevoir trop tard de la réalité quotidienne d’une activité peut provoquer de graves déceptions.
En qualité de présidente de l’association, j’essayais d’être présente le plus souvent possible à ces rencontres. Gérard Burel nous avait accueillis non pas au quartier Lyautey, siège du Conseil départemental mais à la préfecture. Il nous avait présenté l’institution et ses compétences dans l’hémicycle. Le lieu était impressionnant et, à l’époque, je n’aurais jamais imaginé siéger dans cette assemblée, encore moins à la tribune aux côtés du Président.

Lors de son discours, il avait dit une phrase qui m’avait frappée et que je n’ai jamais oubliée. Je vous la restitue en substance :

« Vous savez, en politique vous croyez avoir des amis mais vous n’en avez pas réellement. Aujourd’hui, je suis président, j’ai un nombre d’appels, d’invitations impressionnants, mais demain, lorsque je ne serai plus président, je n’aurai plus d’appels, plus d’amis. »

J’ai senti à ce moment, à son ton, une lucidité parfaite. Cela fait partie des règles du jeu et, ce jeu, je l’ai accepté.
Son physique plutôt jovial laissait deviner un homme très réaliste. Homme de terrain, il côtoyait de nombreuses personnes de toutes conditions et savait parfaitement ce qu’il pouvait attendre de ses relations.

Pour faire confiance, il faut pouvoir croire aux autres et accepter le risque de
la dépendance. La confiance n’est donc jamais « neutre ».
Elle est fondamentale car, sans elle, il serait difficile d’envisager l’existence
même des relations humaines.
La confiance doit être réciproque pour construire une équipe municipale. L’équipe doit avoir confiance en moi et je dois leur faire confiance, sinon nous ne pouvons pas avancer. Cette confiance doit être inscrite sur le long terme. Ce que je pressens d’autres listes en lice à Alençon est l’échec. Non pas l’échec électoral. Nul ne peut préjuger des résultats mais des équipes fondées sur des personnes ayant trahi leurs divers amis politiques ne peuvent pas se faire confiance sur du long terme.

Chacun est plus ou moins conscient de la possibilité d’être à son tour trahi.

Si cela peut tenir un temps, à moyen terme l’explosion est inévitable.
Consciente de la fragilité de la confiance en politique, j’ai donc fait le choix de construire une équipe dans laquelle je pense avoir confiance. Peut-être que tout cela tient à la demande de départ.

Qu’est-ce que je demande à mon équipe ?

Je souhaite de la solidarité. Solidarité humaine mais aussi politique. Elle a été construite avec des personnes ayant des opinions politiques différentes.

Cela m’importe peu. J’ai mes idées mais j’ai toujours apprécié les personnes qui vivent selon leurs convictions.

Pour être claire, je n’ai aucun problème avec une personne de gauche si elle vit selon ses principes. Rien de plus agaçant pour moi que l’hypocrisie !

Dans mon équipe, chacun est entendu. Une fois que la majorité s’est exprimée, nous devons être solidaires. C’est la base. Chacun a entendu ce discours. Nous voyons les problématiques que cela engendre à plus grande échelle lorsque dans un gouvernement chacun y va de son opinion et discrédite les positions de l’ensemble.

Il en va de même à notre niveau.
Faire confiance demande du courage car nous avons tous connu l’expérience de la trahison. Cela blesse, rend triste ou en colère. Bref, des sentiments négatifs dont on aimerait pouvoir se passer dans l’épreuve éreintante qu’est une élection municipale.

Nous en courons le risque mais nous le mesurons.

à suivre…

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