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Récital en sonnet – l’avant campagne – épisode 3

Une des premières précautions que nous avons prises tous les trois était de vérifier que Christine Roimier ne souhaitait pas se représenter. Cheffe de file de l’opposition municipale, elle était leader de la droite et du centre alençonnais.

Son avis était donc essentiel. Comme à son habitude, elle nous a reçu, chez elle, pour partager un moment convivial et discret.

Avec l’intelligence et l’élégance que nous lui connaissons, elle nous a confirmé ne pas souhaiter se représenter et nous apporter tout son soutien dans cette épreuve difficile qu’est la reconquête d’une mairie. 

Plus les mois passaient et plus il semblait compliquer de dégager une tête de liste. Nous étions assez complémentaires et tellement différents. L’équipe de travail commençait à s’impatienter et souhaitait savoir qui mènerait liste. Plusieurs groupes de travail phosphoraient : sur les mobilités, le sport et la vie étudiante, l’économie et la communication…

Ce dernier groupe avait un rôle essentiel mais ne voyait plus vraiment comment avancer sans leader. Le trio était une chose, avoir une tête de liste en était une autre. Cela devenait une obsession parce qu’ils le sentaient tous, nous allions droit dans le mur.

A chaque réunion la question revenait et nous répondions inlassablement que cela suivait son cours et que nous serions assez intelligents pour trouver une solution. 

En réalité, rien n’allait plus. Lors d’un dîner, nous avions du tout remettre à plat. Je leur avais posé clairement la question : avez-vous, ne serait-ce qu’une seconde imaginer que je sois la tête de liste ?

Deux UDI, deux hommes, il semblait tellement plus pratique que je sois en deuxième position. Je me suis depuis souvent demandé s’ils avaient eu l’honnêteté un jour d’imaginer réellement que je sois numéro un. 

Il n’y a pas eu besoin de décision, les éléctions européennes ont eu raison de notre trio.

Le 26 mai 2019, elles sont une véritable douche froide pour les partis traditionnels. A Alençon, les Républicains arrivent à peine à 8% quand l’UDI arrache les 3% difficilement. Un peu plus de 10% !

Cela n’augurait rien de bon pour les municipales à venir. Même si les élections européennes n’ont jamais été le reflet des élections locales. Pour ces dernières, les électeurs prennent beaucoup plus en compte le côté humain. La liste est essentielle et beaucoup plus importante que l’affichage d’un parti. 

Le climat était devenu pesant dans le groupe. La dernière réunion avait été un vrai fiasco.

Avec du recul, je crois que certains pensaient déjà quitter le groupe et rejoindre le camp du maire en place. Si ce n’était pas encore une certitude car ce genre de décision doit s’assumer, la réflexion était éminemment présente.

Plutôt que la transparence, la carte jouée a été celle du conflit. Faire éclater une dispute dans le groupe pour montrer que rien ne va et surtout, légitimer une décision déjà bien murie.

Les participants ont été choqués par ces agissements. Certains ne sont même jamais revenus. Pour beaucoup, ce début d’aventure municipale était une première. Ils venaient pour aider et ils se sont retrouvés face à une des pratiques les plus désolantes en politique, le choix de l’ego, de sa propre « carrière » au détriment de l’intérêt général ou de de la défense des valeurs auxquelles on croit, auxquelles on reste fidèle.

L’annonce de leur souhait de départ m’ayant été faite, je décidais d’annoncer au reste du groupe que je souhaitais prendre la tête de la liste de droite et du centre.

J’ai envoyé un mail leur annonçant cette proposition.

Beaucoup qui n’attendaient que cela, m’ont suivi instantanément.

D’autres n’ont pas vraiment eu le courage d’annoncer leur départ.

D’autres encore ont pris un peu de recul avant de finalement me rejoindre.

Je comprends la déception d’un bon nombre de personnes qui nous suivaient dans cette aventure. La scission a été brutale et beaucoup ont craint que la division nous coûte. Je crois, au contraire, qu’elle a été le vrai point de départ de la campagne.

Le lancement d’un mouvement dynamique quand nous peinions à trouver des dates de réunion à trois auparavant, l’occasion de créer la campagne moderne et réactive qui me correspondait.

à suivre…

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